Paresia

On ne peut voir qu'on ne voit pas ce qu'on ne voit pas..

Anselm Jappe 13 mai 2012

Quelques textes d’Anselm Jappe :

http://palim-psao.over-blog.fr/article-pourquoi-critiquer-radicalement-le-travail-conference-d-anselm-jappe-34933038.html

http://www.exit-online.org/textanz1.php?tabelle=transnationales&index=3&posnr=146&backtext1=text1.php

http://palim-psao.over-blog.fr/article-le-travail-du-negatif-par-anselm-jappe-92065350.html

http://palim-psao.over-blog.fr/article-tous-contre-la-finance-par-anselm-jappe-71322581.html

Page de l’auteur sur le site des éditions Lignes :

http://www.editions-lignes.com/Jappe-Anselm.html

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10 Responses to “Anselm Jappe”

  1. Mézigue Says:

    Ecouter Anselm Jappe, bien que l’on puisse trouver bien des raisons à ne pas le suivre dans certaines de ses opinions, est très stimulant.

    Pour ma part j’avais trouvé très intéressant son article sur Baudrillard tant le culte dont il est l’objet dans certains milieux me semble ridicule

    http://sd-1.archive-host.com/membres/up/4519779941507678/Baudrillard_detournement_par_exces.pdf

    Pour une (bonne mais très orientée) présentation de l’œuvre de ce dernier, on peut lire ceci :

    http://www.alaindebenoist.com/pdf/jean_baudrillard.pdf

    • paresia Says:

      J’avoue être assez séduit par, pour le dire rapidement, son orientation politique. Il se détache un peu de la masse des dits « post-situs » (Debord a d’ailleurs, et c’est remarquable, reconnu l’intérêt de son essai le concernant).

      • Mézigue Says:

        Je comprends d’autant mieux cette « séduction » que j’en été moi-aussi la «victime» (et que je le suis encore un peu …)

        Je connais les idées d’ AJ à peu près depuis que j’ai lu « L’encyclopédie des Nuisances » (La revue mais aussi les livres qu’ils ont édité). J’y suis revenu quant j’ai découvert, plus tard, le groupe allemand «Krisis».

        Ma «critique» (disons la distance que je garde … qui neutralise cette séduction première) porte sur deux points :

        La première est «externe» à son discours. Je me méfie de tout discours globalisant ; de tout discours tendant, de façon trop affirmative, à nous faire croire qu’il existe un déterminisme premier (Mais je suis conscient que AJ est moins affirmatif que des gens comme Negri ou Kurz)

        La seconde est d’ordre «analytique» (de la philosophie du même nom). J’ai tendance à penser qu’il faut, là aussi, être méfiant. Les usages des mots – même ceux dont on croit qu’on en a une vue claire – sont tellement divers que la cohérence qu’on croit avoir en les utilisant (en construisant un discours) me semble être souvent une auto-illusion.

        PS : Il est clair que contrairement à certains (mauvais) héritiers du situationnisme (et je ne parle pas ici des divers fumistes et/ou frimeurs qui citent le nom de Debord parce qu’ils croient que cela fait «branché» …), il sait de quoi il parle. La sorte de retour aux fondamentaux du marxisme qu’à sa manière il fait (comme dans cette vidéo) le prouve.

  2. paresia Says:

    En relisant ce dernier commentaire j’en viens a me demander à quels mots (employés par AJ) et à quels usages tu fais précisément référence. Je suis tout-à-fait d’accord avec ton analyse de l’auto-illusion de la cohérence, propre a de très nombreux discours (si ce n’est a tous). C’est d’ailleurs l’une de mes plus grandes craintes dans mon travail de recherche : ne pas m’apercevoir que je construis, par des choix « stratégiques », un véritable labyrinthe plutôt qu’un chemin praticable.

  3. Mézigue Says:

    Bonjour Paresia,

    Il est évident extrêmement difficile de répondre en quelques lignes à tes questions tant le sujet est vaste et ne concerne évidemment pas seulement AJ.

    Je suppose que tu parles de ma critique «externe» puisque tu sembles être d’accord avec ce que j’ai appelé ma critique «interne» (de son discours). Ce qu’on pourrait appeler son essentialisation de mots comme «capitalisme», «libéralisme» ; mots qui, une fois ainsi essentialisés, peuvent devenir des sujets d’un discours-fiction (un récit) prétendument cohérent.

    Le problème avec des gens comme AJ ou autres post-situs est qu’on ne sait plus très bien, à les suivre dans leurs plaisantes spéculations intellectuelles, à quelles réalités précises, et surtout concrètes, ils font référence.

    De plus, poussé à la caricature on peut aboutir, en reprenant ce discours ne renvoyant que de très loin à la brutalité des réalités sociales vécues au jour le jour, à celui d’un Alain de Benoist qui croit être de gauche (!!!) parce qu’il parle de «Forme-Capital» (Ce qui ne veut rien dire du tout).

    On imagine par exemple pas un seul instant une réincarnation de Durruti acceptant de dialoguer sur la notion de «travail» avec le pape de la ND alors qu’il ne semble hélas pas exclus à priori qu’un AJ, prisonnier qu’il semble être de ses brillantes constructions intellectuelles, puisse un jour accepter de discuter sur le concept «travail» ou sur celui de «libéralisme» avec le théoricien de la «Forme-capital».

    • paresia Says:

      Merci pour ta réponse. Penses-tu vraiment qu’un dialogue entre ADB et AJ soit envisageable ? Étant donné la réputation de ADB, j’ose espérer que AJ ne lui accordera pas une telle caution intellectuelle.

      J’ai récemment entendu parler d’AJ en des termes peu élogieux, le qualifiant de « nazi-communiste ». Si cette expression n’a pas beaucoup de sens et n’est évidemment pas appropriée pour parler d’AJ, j’en suis venu a penser que l’orateur en question avait peut-être malgré tout de bonnes raisons d’être méfiant (et provocateur), en repensant aux réserves que tu avais émises ici, et parce que l’orateur en question n’est pas un imbécile. Je n’ai malheureusement pas pu en discuter avec lui, et j’ignore donc ce qui a motivé ce qualificatif.

      • Mézigue Says:

        Envisageable aujourd’hui. Non je ne crois pas. Alain de Benoist est aujourd’hui grillé. Le temps où il pouvait par exemple tromper un Alain Caillé, est fini. Internet a ceci de bien que les traces sont visibles par tous et accessibles rapidement. Qui veut se renseigner sérieusement sur le parcours idéologique d’Alain de Benoist, et sur ce qui est toujours resté permanent dans son idéologie, peut le faire aisément. Si malgré cela il veut se confronter à lui, libre à lui, mais alors il ne faudrait pas qu’il se plaigne ensuite d’avoir été instrumentalisé par quelqu’un qui est, avant tout, un idéologue au sens exact du terme (quelqu’un qui se moque de la vérité par exemple …)

        Je ne crois pas que l’étiquette de «nazi-communiste» soit si dépourvue de sens que cela (il y a d’ailleurs eu en Italie un théoricien d’extrême-droite se qualifiant lui-même de «nazi-maoiste»). Bien entendu traiter quelqu’un de nazi est tout sauf innocent. On espère ainsi disqualifier la personne en lui attribuant ainsi des idées racistes et antisémites. Ce qui, à propos d’Anselm Jappe est tout simplement odieux.

        Par contre il est clair qu’un certain type de discours absolutiste anticapitaliste a des racines à gauche comme à droite, qu’il a été incarné dans la phraséologie de la propagande nazie et de la propagande communiste, et qu’on le retrouve aujourd’hui aussi bien à l’extrême-droite qu’à l’extrême-gauche. C’est d’ailleurs sur cette vague idéologique que le (tout) petit idéologue Soral, surfe …

  4. Mézigue Says:

    Il y a déjà pas mal de temps que je n’étais pas allé sur le très passionnant blog de Jean Zin quand, balayant la rubrique philosophie (onglet en haut du blog) je suis arrivé sur cet article :
    http://jeanzin.fr/2009/10/16/critique-de-la-valeur-valeur-de-la-critique/
    Cet article m’a particulièrement réjoui l’esprit car Jean Zin mets en mots mes doutes sur la pertinence et la solidité conceptuelle du discours d’AJ

    Entre autres articles de Jean Zin, il faut également lire le démontage implacable qu’il fait de l’idole intellectuelle du petit guru national-socialiste Alain Soral :
    http://jeanzin.fr/2011/01/13/neo-fascisme-et-ideologie-du-desir/#more-257

  5. lemoine001 Says:

    J’ai entendu aujourd’hui même Anselm Jappe sur France culture. J’avoue que j’ai été surpris par ce monsieur qui semble tout juste d’avoir réinventé la roue. J’ai fait une recherche sur internet et je suis arrivé à cette vidéo. Mon impression est la même.
    Le voilà qui nous dit que je capitalisme ne se résume pas à la propriété privée des moyens de production et à l’exploitation du travail d’autrui. Toutes les sociétés ont plus ou moins connues une appropriation privée des moyens de production et une forme d’exploitation (excepté les différentes formes de communisme primitif). Mais qui dit le contraire. Ce qui caractérise le capitalisme c’est un mode d’appropriation. Dans ce terme il faut considérer les deux faces : la classe sociale qui possède les moyens de production et l’autre qui en est dépossédée. Il faut ensuite considérer leur rapport différent des formes précédentes. Ce rapport est le salariat. Entre capitaliste mais aussi entre travailleurs ce rapport est aussi une concurrence. Il faut aussi considérer que la production ne vise que médiatement la satisfaction des besoins. L’entreprise capitaliste produit pour un marché et son produit prend la forme d’une marchandise. Et c’est parce qu’il y a salariat et donc qu’il y a vente de la force de travail, c’est aussi parce qu’il y a production de marchandises mises en concurrence sur un marché que la valeur de ces marchandises s’évaluent par la quantité de travail qu’elles représentent. On ne peut pas, par conséquent, séparer la question de la valeur de celle de la forme d’appropriation. On ne peut donc pas comme le fait Anselm Jappe faire la critique de la valeur sans faire celle de la forme d’appropriation et du système tout entier dans tous ses aspects.
    Anselm Jappe attribue « au marxisme traditionnel » la théorie de la baisse tendancielle du taux de profit moyen. Il faut lui rappeler qu’elle se trouve dans le Capital de K. Marx et qu’on ne peut pas comprendre sans elle le dynamisme du système capitaliste et ses phases successives. On ne sait pas bien non plus qui sont ces marxistes qui critiqueraient le capitalisme financier sans voir qu’il est lui-même un produit de l’évolution la plus actuelle du capitalisme. En voilà une découverte !
    Anselm Jappe parle du travail abstrait pour l’opposer au travail concret. Il me semble qu’il ne voit pas que chez Marx la notion de travail abstrait est problématique (et surtout dynamique). Elle est avancée dans le livre I du capital comme nécessaire à la compréhension de l’échange. Mais ce n’est que plus tard qu’elle devient elle-même plus concrète : quand on en arrive au caractère social de la production et à l’ouverture universelle des marchés. Autrement dit, le caractère abstrait du travail n’est pas une donnée mais quelque chose qui est toujours en train de se réaliser. La valeur est toujours une réalité dynamique qu’on ne comprend vraiment que si on passe par la question de la péréquation des taux de profit et à travers elle à la passation sous la même toise de tous les travaux divers. Il me semble que le discours d’Anselm Jappe la substantifie ou au moins la simplifie à l’extrême.
    Dans son exemple de nombre de chemises plus importantes produites par le système industriel, il me semble qu’Anselm Jappe confond valeur et richesse. En produisant plus de chemises avec moins de travail, on produit moins de valeur mais plus de richesse. Sur le marché, c’est celui qui propose plus de richesse pour moins de valeur qui l’emporte.
    Dans son exposé, Anselme Jappe passe de la question de la valeur avec l’exemple de la délocalisation en Chine à celle du crédit sans passer par la question des crises de surproduction et à de la tendance inhérente au système à la surproduction. Il manque un maillon essentiel pour comprendre. Il aurait fallu aussi évoquer le sous-emploi des facteurs de production ainsi qu’en clair celle de la sur accumulation du capital.
    Bref, Anselme Jappe nous fait un exposé assez moyen de ce toute personne qui a un peu lu Marx connait. Surtout son exposé se termine par un tableau pessimiste qui ne propose rien d’autre que la démobilisation.

    • paresia Says:

      Merci pour votre commentaire.

      Si vous voulez en savoir plus sur les travaux d’Anselm Jappe je vous conseille ce blog, consacré à la critique de la valeur :

      http://palim-psao.over-blog.fr/

      Je vous renvoie également à la critique de Jean Zin, indiquée dans le commentaire n°4 de « Mézigue ».


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