Paresia

On ne peut voir qu'on ne voit pas ce qu'on ne voit pas..

Ce que la philosophie fait de l’actualité 27 décembre 2010

Olivier Dekens face à des lycéens.

.

.

Pour aller plus loin voir son essai Philosophie de l’actualité (Ellipses 2008).

Publicités
 

20 Responses to “Ce que la philosophie fait de l’actualité”

  1. Mézigue Says:

    La toute première intervention du public (une jeune fille) est importante. Il est significatif que le conférencier ne la retienne que pour utiliser contre elle ce qui n’est qu’un « argument d’autorité » (foucaldien) alors que sa position sur la question n’est pas plus, mais pas moins non plus, une hypothèse que celle de l’intervenante.

    Lors de la deuxième intervention (la jeune fille blonde), il en « remet une couche » en étant, si c’est possible, encore moins convainquant … Il n’entend pas (ne comprend pas ?) non plus l’intervention de la personne à sa gauche (l’enseignant de cette classe ?). Tout cela donne de lui une image assez désagréable qui ne fait que se confirmer par la suite.

    J’hésite entre deux termes pour qualifier ce producteur de « livres de philosophie » : grotesque ou puant. Peut-être un peu des deux.

    Le fait qu’il ait choisi un texte de Baudrillard* pour appuyer son dire ne fait que confirmer ses orientations politiques et philosophiques inavouées.

    * Rappelons au passage que cet auteur est l’un de ceux que la « nouvelle droite » a récupéré car il a contribué à brouiller les repères.

    • paresia Says:

      Il est vrai qu’il semble ne pas comprendre les questions, ou ne pas avoir envie d’y répondre. Cette attitude est peut-être due au caractère particulier de cet exposé, le conférencier n’apparaissant pas vraiment habitué au contact avec des lycéens.

      Il défend bien ici une position « foucaldienne » relativiste à laquelle il est effectivement difficile d’adhérer (Foucault est pour moi une référence incontournable, mais je dois reconnaître que je suis rarement d’accord avec ses « disciples »).

      L’intérêt de l’ouvrage qu’il présente ici (l’avez-vous lu ?) est de poser une question originale, bien qu’il faille accueillir sa réponse avec prudence.

      Les qualificatifs que vous employez semblent indiquer que vous avez déjà eu affaire à lui.. Pouvez-vous m’en dire plus ?

      • Mézigue Says:

        Je penche pour la première hypothèse. Il ne comprend réellement pas les questions qu’on lui pose et, à mon avis, son supposé manque d’habitude à un contact avec les lycéens n’explique pas totalement cette incompréhension. Si je m’exprimais d’une manière un peu pédante – comme il semble le faire – je dirais qu’il est dans l’impossibilité ontologique et « inter- ontologique » (sociologique) de comprendre ces questions … RIRES.

        Il n’est évidemment pas question de rendre coupable Foucault du petit foucaldisme de certains de ses très « scolaires » disciples…

        Non je ne lai pas lu et quant bien même ce thème me semblerait peut-être intéressant – ce qui, contrairement à vous* donc, n’est pas le cas – ce n’est certainement pas chez cet auteur que j’aimerais en lire les développements. Peut-être ses réflexions sur le cinéma** sont plus intéressantes. Et encore …

        *Mais j’ai noté que vous écriviez « original » et non « intéressant » …

        ** http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article76.

        Je ne sais si je me suis mal exprimé ou si c’est vous qui avez interprété à tort ce que j’ai écrit mais je n’ai certainement pas parler de « relations » entre Dekens et la ND dans la mesure où si elles existent j’en ignore tout.

        Ma note avait trait à l’admiration non feinte qu’AdB a envers Baudrillard ; admiration dont les causes et les raisons sont, à mon avis, similaires et donnent le même résultat chez l’un (Denkens) et chez l’autre (De Benoist). Pour faire simple le goût pour les réflexions d’une « brillante » superficialité ….

      • paresia Says:

        J’ai rectifié la référence à la nouvelle droite. J’avais effectivement lu un peu rapidement votre commentaire.

        Je me permet cependant de poser à nouveau ma question : le ton de votre premier commentaire laissait supposer, mais je peux me tromper, que vous aviez déjà eu affaire à cet auteur. Pourriez-vous m’en dire dire plus ?

        J’en profite pour vous demander aussi chez quel(s) auteur(s) vous aimeriez lire une réflexion sur ce sujet (philosophie de l’actualité), s’il vous intéressait davantage, puisque vous semblez avoir quelques références en tête.

  2. Mézigue Says:

    – Vous avez peut-être eu tort de rectifier* votre réponse car du coup la mienne (qui suit) perd en partie de sa justification (mais ne toucher pas à le mienne SVP !… RIRES)

    *Je suis ici, contrairement à ce qui se pratique quant c’est dans un but de publication, pour laisser les choses en l’état.

    – Non j’ai découvert l’existence de cet auteur par le lien RSS que j’ai avec votre blog.

    Ce qui peut-être vous donne cette impression que je l’aurais préalablement connu vient premièrement que je l’ai écouté d’une façon très attentive et deuxièmement que cette « écoute », ici comme ailleurs, me donne une connaissance (de la personne qui parle) plus large que ce qu’elle veut bien laisser paraître ou exprimer explicitement …

    – J’aurais tendance à vous dire chez aucun tant le fait de se pencher sur l’actualité, surtout à notre époque*, se fait généralement au détriment d’une réflexion profonde. L’attitude de Bouveresse (encore lui !) me semble, à cet égard, exemplaire qui, bien que suivant « l’actualité » (comme tout citoyen) n’y « participe » que très peu ou, en tout cas, que dans son domaine de compétence.

    * Il y aurait un commentaire à faire sur l’importance décroissante qui peut (qui devrait !) être accordée à des textes comme celui de Kant, puis celui Adorno ; pour « finir » avec celui de Baudrillard !!! Ce qu’à contrario ne semble pas faire Dekens qui les met apparemment au même niveau.

    Pardonnez-moi mais votre questionnement me semble être plus celui d’un journaliste de « Philosophie Magazine » (ou du magazine « Sciences Humaines ») qu’autre chose.

    D’autre part, je ne crois pas que la multiplication des points-de-vue (sur l’actualité comme sur d’autres sujets) soit automatiquement corrélée à la variété de ceux-ci. Mais c’est une autre question.

  3. paresia Says:

    Je l’ai rectifié avant que vous ne postiez votre réponse, juste après l’avoir publié, mais votre réponse fut trop rapide pour que vous vous en aperceviez. Je ne l’aurais pas modifié après votre réponse, et je suis sur la même ligne que vous en ce qui concerne la publication.

    Retournons à nos moutons. Le niveau de votre réponse est-il plus élevé mon questionnement ? (RIRES)

    J’ai l’impression que vous ne répondez pas vraiment à ma question en ce qui concerne, ou plutôt, justement, ne concerne pas l’intérêt pour l’actualité. Je m’explique : il me semble que Dekens pose une question intéressante, à savoir « quelle est la légitimité du discours du philosophe sur l’actualité ? ». Ce qui est très différent de « participer » à l’actualité (ce qu’on ne peut pas , à ma connaissance, reprocher à Dekens). Son livre (oui, cet exposé reflète mal son contenu) est assez critique envers l’attitude que vous dénoncez, à juste titre, et tente de définir ce qui serait une véritable pensée de l’actualité (et non sur l’actualité).

  4. Mézigue Says:

    Le fait même de poser la question de l’éventuelle légitimité du discours que produit le philosophe sur l’actualité n’a de sens que si l’on croit que ce discours ne fait PAS partie de l’actualité. Or je pense l’inverse.

    Je pense que les événements n’acquièrent du sens, AU SENS où cela semble intéresser Dekens, que parce* qu’il y a des gens pour se croire autorisés à en donner.

    * Il va de soi qu’ils ont aussi un sens pour chacun. Ne serait-ce que pour ceux qui en sont les victimes (comme l’événement du 11 septembre par exemple)

    Ce genre de question est donc pour moi une fausse question.

    • paresia Says:

      Le fait que le discours du philosophe sur l’actualité, quelque soit la forme qu’il puisse prendre, fasse partie de l’actualité (je vous rejoins sur ce point) ne doit pas empêcher de se demander ce que signifie l’actualité, en tant que concept ; et quel effet elle peut produire sur la production philosophique.

      Ce dit, vous avez probablement raison dans votre critique de l’idéalisme de la posture de Dekens, du moins dans cet exposé.

  5. Mézigue Says:

    « l’actualité » en tant que « concept » ? Pour qui et pour quoi ? Il faut être en panne de concepts ou en panne d’être capable* de raisonnements à partir de concepts qui existent déjà pour en inventer d’autres (ou plutôt élever au statut de « concept » des mots qui certainement ne le méritent pas).

    * Comme l’était Baudrillard et comme semble l’être ici Dekens

    • paresia Says:

      Je pense que Dekens entend l’actualité dans un sens proche de « l’esprit du temps » (zeitgeist), et ne la confond pas complètement avec l’actualité médiatique (bien que son intérêt pour l’événement médiatique ne soit pas suffisamment remis en question).

      Je vous cite la quatrième couverture de son livre :

      « Comment écrire une philosophie de l’actualité ? De la Révolution française au 11 septembre, les événements ont toujours donné à penser. Mais pour qu’une telle pensée puisse être philosophique, il faut – tel est du moins la thèse de cet ouvrage – que trois conditions soient remplies. Le philosophe doit d’abord être capable d’élaborer l’actualité comme concept ; il doit ensuite comprendre l’actualité en dehors d’un cadre d’interprétation finaliste qui en réduit la singularité ; il doit enfin proposer une nouvelle définition de la philosophie même à la lumière de cette actualité. »

      Je ne cherche pas ici à vous contredire, mais simplement à préciser la pensée de Dekens, qui peut paraître effectivement superficielle (je ne pense pas qu’elle le soit totalement, je dirais plutôt, après avoir lu son essai -dont je suis loin de partager les thèses- qu’elle n’est pas assez aboutie, et exigeante, mais non pas futile).

  6. Mézigue Says:

    La quatrième de couverture reflète assez bien ce que l’on peut comprendre des objectifs de son livre après avoir écouté cette vidéo. Elle n’y ajoute rien et elle ne retire rien aux questions que je pose ci-dessus. Pour Qui ? Pour Quoi ?

    Posons-les à ma façon … avec la formulation de Dekens lui-même.

    A quelle conditions le philosophe peut-il être capable d’élaborer un nouveau concept autant original que révolutionnaire, « Le » concept « d’actualité » ? A quelles conditions ce même philosophe, décidément fort ambitieux, peut-il arbitrairement détacher une sorte d’extrait symbolique de l’actualité (symbolique à la Baudrillard) afin de ne pas en réduire une « singularité » qui risquerait de s’inscrire dans une « interprétation finaliste » ?

    Pour remplir ces deux conditions, la réponse est facile à deviner. Il suffit de se prendre énormément au sérieux comme professeur de philosophie très savant et très perspicace ; ce au point de se croire capable de rien que moins que d’inventer un nouveau Concept et une nouvelle Compréhension de l’Histoire …

    On peut alors, après cette tâche titanesque, rien moins que « proposer une nouvelle définition de la philosophie même à la lumière de cette actualité » et se poser ainsi à l’égal des plus grands philosophes du passé. .

    • paresia Says:

      Encore une fois je crois que vous vous méprenez, autant sur les intentions de l’auteur que sur le contenu de son livre (ce qui n’enlève rien à l’intérêt des questions que vous posez).

      Ce n’est pas lui qui se prend particulièrement au sérieux en prétendant remplir les trois conditions décrites en quatrième de couverture, mais un certain nombre de philosophes (Kant, Marx, Nietzsche ou encore Foucault) dont il analyse le rapport à l’actualité. Il ne prétend pas apporter lui-même « une nouvelle définition de la philosophie », mais prétend qu’une véritable philosophie de l’actualité doit le faire.

      • paresia Says:

        Ce qui ne veut pas dire qu’il ne se prenne pas effectivement un peu trop au sérieux, mais pas de façon aussi caricaturale.

  7. Mézigue Says:

    Contrairement à vous, je ne m’avancerais pas quant aux « intentions » véritables* de l’auteur tant est hasardeuse l’interprétation psychologique à distance.

    *Ni sur une analyse approfondie du contenu de son livre et donc des formulations de sa (haute) « pensée »(et ce pas seulement parce que je ne l’ai pas lu et ai aucune intention de le faire) …

    Ce que je constate est que ce qu’il écrit et ce qu’il dit est tout de même la preuve d’une incroyable (mais pourtant hélas pas rare) prétention intellectuelle.

    Pardonnez-moi si je prends plus au sérieux Kant, Marx, Nietzche, Adorno ou Foucault (mais pas Baudrillard !) que Monsieur Dekens* …

    *Qui aurait dû s’appeler Monsieur Denker … (Rions un peu)

    S’il prétend , comme vous l’affirmez en toutes lettres ci-dessous « qu’une véritable philosophie de l’actualité » doit « apporter une nouvelle définition de la philosophie », pouvez- vous m’expliquer (me résumer) ce qu’est une « philosophie de l’actualité » afin que je comprenne enfin (!!!) cette « nouvelle définition de la philosophie » ainsi proposée ?

    PS : L’ironie implique toujours un peu de caricature préalable. Je n’ai rien contre ce monsieur, qui me semble être un honnête universitaire soignant, par de régulières publications, sa carrière, mais j’ai du mal à voir quelle est l’originalité (et donc l’intérêt) de sa pensée.

    Est-ce que j’enfonce trop le clou en remarquant qu’un monsieur qui prétend en moins de 200 pages écrire rien moins qu’un panorama de la « La philosophie française contemporaine »* me semble atteint d’Onfraytisme caractérisé ?

    *http://www.editions-ellipses.fr/fiche_detaille.asp?identite=5698

  8. paresia Says:

    Bon. Manifestement nous avons, encore une fois, du mal a nous entendre.

    Vous avez parlé de « ce que l’on peut comprendre de ses objectifs », c’est ce que j’entendais par « intentions ».

    J’ai du mal à voir la prétention intellectuelle dont vous parlez, mais je me suis probablement mal exprimé et ai peut-être influencé malgré moi votre jugement sur ce point.

    Oivier Dekens prétend que Kant, Marx, Nietzsche ou Foucault ont tous, à leur manière, développé une véritable philosophie de l’actualité, il ne prétend pas en apporter une lui-même (ce que pourrait laisser supposer le titre et la quatrième couverture de son livre, dont je ne sais pas s’il est l’auteur).

    Il ne propose pas une nouvelle définition de la philosophie, mais prétend que ces auteurs en proposent tous une.

    Permettez-moi de ne pas aller plus loin dans ma « défense » de ce livre, sachant que je l’ai lu rapidement, il y a un ou deux ans, qu’il ne m’a pas passionné, que je ne l’ai plus sous la main, et que par conséquent l’image que je peux en donner n’est pas forcément très pertinente.

    Je n’ai, pour l’instant, jamais eu envie de lire un autre de ses livres. Je note au passage, grâce à votre lien, qu’il est professeur en classes de terminales, et qu’il doit donc être habitué, contrairement à ce que supposais au début de cette échange, aux classes de lycéens. Ce qui, évidemment, ne me pousse pas à le défendre davantage.

    Qui est Monsieur Denker ?

  9. Mézigue Says:

    Où je m’interrogeais c’est de savoir où se situe la frontière entre ce qui serait une (vraie) étude « philosophique » de l’actualité journalistique » (ou d’une « actualité » en particulier) – pour autant que de s’attabler, DE NOS JOURS, à une telle « étude » ait un sens – et le journalisme philosophique de type « scolaire » (genre les pages « philo » de certains magazines ou le mensuel grand public « Philosophie-Magazine »).

    Il ne m’a pas semblé, à écouter Dekens « le penseur »*, qu’il fasse bien la différence entre les deux. la preuve en est le fait qu’il mette sur le même plan les textes de Kant et d’Adorno et les « divagations » … journalistiques … de la « Diva intellectuelle » Baudrillard…

    *Toutes mes excuses pour ce petit jeu de mots …

    Mais peut-être suis-je trop étranger au genre de « culture philosophique » qui est, comme l’est le salami chez le charcutier, découpée en tranches au sein des « garderies » de l’Education Nationale que sont la plupart des établissements scolaires.

    Mais il semble que le statut de « berger » est celui qu’affectionne bon nombre de « philosophes professionnels » ; le (grand) « Guide de L’Université Allemande », Heidegger, leur ayant donné d’avance son quitus …

    • paresia Says:

      La différence entre une « étude philosophique de l’actualité journalistique » et le « journalisme philosophique » n’est peut-être pas évidente, j’en conviens.

      Mais, encore, une fois, l’actualité médiatique (ou « journalistique ») n’est pas le sujet de Dekens. Il s’intéresse au concept « philosophique » d’actualité.

      Je remis la main sur son livre. Permettez-moi de le citer :

      « La première hypothèse qui nous guidera au long de ces pages est la suivante : une philosophie de l’actualité n’est réductible ni au discours du philosophe sur l’actualité, ni à sa compréhension conceptualisée. Il y a en revanche philosophie de l’actualité à partir du moment où le philosophe construit, dans et par l’analyse de son propre temps, un concept universel de l’actualité(…). Autrement dit encore : le concept d’actualité est l’Idée de ce qui dans l’actualité fait qu’on la qualifie de telle. On objectera non sans raison qu’un tel exercice est des plus commun dans toutes les pensées de l’histoire. (…) D’où une seconde hypothèse : le concept universel de l’actualité n’est pas l’inscription des faits contemporains dans une histoire universelle, mais la tentative de lire l’universel dans la singularité d’un fait qui déborde le cadre explicatif de l’histoire universelle. (…) Écartons d’emblée la polémique. Notre double hypothèse n’a pas pour pour but de reconduire une fois de plus les prétentions de la philosophie à dire mieux et plus ce que sont les évènements. (…) Dans sa confrontation aux thèses de Foucault (…) Jacques Bouveresse a raison de se moquer de cette tendance des philosophes « être intégralement de leur temps ». (…) Notre essai ne consiste pas à donner une nouvelle définition de la philosophie (…). On tentera donc plutôt de comprendre comment la philosophie constitue l’actualité comme l’un de ses objets possibles, dans le geste même par laquelle elle se construit comme philosophie. » (pp. 10-13)

      • Mézigue Says:

        Je vous remercie de m’avoir fourni des éléments dont vous pensez qu’ils me permettent de mieux comprendre la démarche intellectuelle de Dekens..

        Pour être parfaitement rigoureux il faudrait, bien entendu, que j’ai le livre sous les yeux après l’avoir lu. Ce qui n’est pas le cas.

        Je note donc simplement qu’une phrase comme « comprendre comment la philosophie constitue l’actualité comme l’un de ses objets possibles, dans le geste même par laquelle elle se construit comme philosophie » me semble, en dehors de sa formulation maladroite, ne rien apporter de nouveau à la réflexion philosophique si ce n’est une banalité et un simplisme de plus dans l’immense marais de la philosophie imprécise.

        D’autre part j’avoue que je serais curieux de savoir ce que serait une philosophie dont la compréhension que l’on pourrait avoir d’elle ne passerait pas par une conceptualisation ; ce que semble indiquer sa phrase  » une philosophie de l’actualité n’est pas réductible (..) à sa compréhension conceptualisée ». A quelle sorte de « compréhension » fait-il donc alors référence ?

        Au risque de vous apparaître comme trop caustique, j’avoue également être fort amusé par cette phrase : « le concept d’actualité est l’Idée de ce qui dans l’actualité fait qu’on la qualifie de telle ». En dehors du fait qu’on aimerait savoir qui est ce « on » qui institue ce qui EST actualité et ce qui ne l’est pas, superposer sans nuances « l’Idée » et le « concept » (le concept EST l’Idée que … ) me semble une galéjade.

        J’ajoute enfin que de citer Bouveresse montre plutôt ici chez Dekens une tendance à la génuflexion ; pas une réelle compréhension de ce que le meilleur spécialiste français de Wittgenstein essaie, à travers ses livres, de nous faire comprendre de la pensée de ce génie.

  10. […] – Ce que la philosophie fait de l’actualité : Olivier Dekens face à des lycéens. […]


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s