Paresia

On ne peut voir qu'on ne voit pas ce qu'on ne voit pas..

Friedrich Hayek – Les intellectuels et le socialisme (1949) 28 mars 2010

(…) Sur certains points l’intellectuel est en fait plus proche du philosophe que d’un spécialiste quelconque, et le philosophe est à plus d’un égard le prince des intellectuels. Bien que son influence soit plus éloignée des affaires pratiques et donc plus lente et plus difficile à observer que l’influence de l’intellectuel ordinaire, elle est de la même nature et même à long terme plus puissante. C’est la même tentative de synthèse, poursuivi de façon plus méthodique, le même jugement des idées particulières d’après leur capacité à entrer dans un système général de pensée plutôt que d’après leurs mérites spécifiques, le même combat pour une vision cohérente du monde, qui dans les deux cas forment la base principale pour accepter ou rejeter les idées. Pour cette raison, le philosophe exerce probablement une plus grande influence sur les intellectuels que tout autre érudit ou scientifique et, plus que tout autre, détermine la manière dont les intellectuels exercent leur fonction de censure. L’influence populaire du spécialiste scientifique commence à faire concurrence à celle du philosophe uniquement quand il cesse d’être un spécialiste et commence à philosopher à propos des progrès de sa discipline – et d’habitude seulement après avoir été accepté par les intellectuels pour des raisons qui ont peu à voir avec sa compétence scientifique.

Les « courants d’opinion » de toute époque sont donc essentiellement un ensemble d’idées générales préconçues d’après lesquelles l’intellectuel juge l’importance des nouveaux faits et opinions. Ces idées préconçues sont principalement des applications de ce qui lui semble les aspects les plus importants des réussites scientifiques, un transfert vers d’autres domaines de ce qui l’a impressionné dans les travaux scientifiques. On pourrait dresser une longue liste de telles modes intellectuelles qui au cours de deux ou trois générations ont dominé chacune à leur tour la pensée des intellectuels. Qu’il s’agisse de « l’approche historique » ou de la théorie de l’évolution, du déterminisme du 19ème siècle et de la croyance à l’influence prépondérante de l’environnement sur l’hérédité, de la théorie de la relativité ou de la croyance au pouvoir de l’inconscient – chacune de ces conceptions générales fut la pierre de touche qui permettait de tester les innovations dans les différents domaines. Il semble que moins les idées sont spécifiques et précises (ou moins elles sont comprises), plus grande est leur influence. Parfois ce n’est rien de plus qu’une vague impression rarement traduite en mots qui exerce une profonde influence. (…)

Texte intégral içi.

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